Cours: Chap III Une Europe en guerre dans les premières années du XVIe siècle, 1ere partie

Publié le par Dio

Ce cours est déjà le 3e chapitre d'Histoire Moderne pour ce premier semestre de L1. Il est ici mis en ligne de façon rédigée et est commenté de sorte à ce que tous les lecteurs -non pas seulement élèves- puissent s'approprier le cours. Il s'agit de la première publication en Histoire Moderne sur ce blog, et n'est de plus pas complète. Toutes fois, les partielles arrivant à grands pas, certains pourraient se satisfaire de ce cours dans sa forme actuelle. Publié en un bloc, il sera sous peu mis à jour et largement illustré. On notera cependant qu'outre les commentaires et renvois, la prise de note se fait sentir et l'explication va au plus important. Une connaissance minimale du contexte est donc requise pour saisir l'ensemble des explications. Sachez pour finir qu'un cours, comme toutes autres sources en Histoire n'est pas à l'abris de coquilles, et peut être revu et corrigé à tous moments. Il doit donc faire l'objet d'une recherche comparative. Ne prenez jamais une unique source pour argent content!

Chap III Une Europe en guerre dans les premières années du XVIe siècle.




Dans ce contexte de guerre la puissance qui domine l'Europe est l'Espagne. La guerre en elle même pour l'époque qui nous concerne est une activité principale. Il s'agit d'un fondement. C'est une activité qui permet au souverain d'assoir son pouvoir, et s'il est victorieux de retirer la gloire du champ de bataille.

La guerre est une activité politique majeure, qui entre dans le domaine de la normalité, du quotidien, acceptée et pratiquée, qui rentre dans les usages du temps.

Quand la guerre débute en 1494, le roi de France se lance dans la guerre pour aller conquérir des territoires qui n'ont aucune cohérences, mais qui, selon lui, appartiennent à sa dynastie. Ce sont donc des guerres sur le modèle médiéval.

Entre 1519 et 1520, on passe de petites guerres dynastiques à des guerres d'hégémonie. L'héritage de Charles Quint va le poser comme souverain hégémonique, alors que d'autres souverains comme le roi de France, opposant viscéral, lui tiennent tête. On est dans des rapport de domination.

Les techniques militaires évoluent aussi. De manière nette: l'usage et la diffusion de la poudre. Elle conduit à des changement structurels des villes. Les armées vont également grossir en effectif, on va revoir des armées aussi nombreuses que sous l'empire romain > nécessité pour les états d'améliorer leur structure fiscale (financement de ces armées).
On se trouve à la foi dans un idéal social où la guerre est normal, et aussi dans une société chrétienne qui rejette la guerre, le meurtre, ainsi, il faut toujours justifier la guerre, dans un souci moral. Un droit informel se crée à cette époque, introduisant l'idée de guerre juste, de guerre légitime.

I. Le tropisme italien.

L'Italie va être le lieu où vont se déclencher les hostilités dès 1494 > champs de bataille Européen, pendant plus de 50 ans, 1494-1559.

1. Les prétentions italiennes de la France

Il s'agit affaires d'ordre dynastiques. Justification de la France: aller en Italie récupérer des héritages familiaux récupérés par des ennemis.
Première cible: le royaume de Naples, appartenant au duc d'Anjou. La France essaie de créer un conglomérat de plusieurs territoires.

Charles du Maine 1436-1481, dernier duc d'Anjou, meurt abandonné de tous, car battu deux ans avant par Louis XI qui lui avait imposé de léguer l'ensemble de ses biens au roi de France à sa mort. La France annexe donc la Provence et le royaume de Naples.

Conflit ancien entre l'Aragon et la Famille d'Anjou autour du royaume de Naples. ~Milieu du XV siècle, les Angevins sont chassés de Naples par les Aragonnais, qui y placent un vice-roi.

Donc, en 1481, Louis XI n'hérite pas vraiment du royaume de Naples, mais d'une prétention dynastique à conquérir Naples légitimement.

1494, le fils de Louis XI, Charles VIII, la France étant pacifiée, se tourne vers la conquête de Naples.

Les prétentions françaises sur le duché de Milan:

Le mariage Charles d'Orléans + duchesse de Milan, une Visconti permettra à François premier de prétendre à l'héritage milanais en plus de l'héritage napolitain.

=> François 1er, revendique Naples + milan


2. La situation italienne

Paix de Lodi 1454: accord entre les 5 principales puissances de la péninsule:

Venise
Milan
Florence
Royaume de Naples
Les états de l'église


[ Partie I.2 temporairement tronquée pour rectifications]



3. L'idéal de croisade

Le titre de roi de Jérusalem revient au roi de France, pour la première fois un roi puissant.
Vont se mettre en place une série de prophéties. La France et l'Europe sont des territoires où l'astrologie est considérée comme une science officielle. Le roi à son astrologue personnelle etc.

L'une d'elle dit clairement que bientôt, un roi fort et puissant va venir, il se prénommera Charles et naîtra en France, et ira délivrer Jérusalem des infidèles...
Charles VIII semble satisfaire tous les critères.
Un personnage va exciter les imaginations de l'époque: Djem, frère de Bajazet, sultan de l'empire ottoman. Il a échappé au fratricide et trouvé refuge à la cours de Charles VIII. Les stratèges ont alors comme projet de convertir Djem et de renverser son frère, afin de christianiser l'empire ottoman.

François de Paule (1416-1507) est un ecclésiastique au passé d'ermite, d'origine calabraise, à la cours de Charles VIII. A partir de 1490, il compte parmi les très proches conseillés de Charles VIII. Il interprète les signes, et encourage le roi non pas à prendre Naples, mais à partir en croisade contre les infidèles. Combattre les turcs si ce n'est prendre Jérusalem

Les enjeux territoriaux de la conquête de l'Italie en 1494 vont mélanger conquête de Naples et Croisade. La conquête de Naples va être présentée comme un passage sur le route de la terre sainte. Charles VIII va publier un manifeste le 27 novembre 1494, au moment où il prend le chemin de l'Italie, adressé à l'ensemble des coures européennes, où il va expliquer la nécessité d'une croisade dont il prend la tête, inviter les autres princes à le rejoindre.

Sur les étendards français, il fait inscrire ''Par la volonté de Dieu, envoyés de Dieu''.

Le 22 février 1495, il entre officiellement dans la ville de Naples. Il va travailler son image en y entrant comme un pèlerin en route pour Jérusalem, qui accomplit une démarche de foi. Il est donc posé sur un mulet, porte à ses bottes des éperons en bois (objets de paix), il n'a pas de couronne, est vêtu de blanc, et porte avec lui un linge, qui a été donné à la France, ayant appartenu au dernier empereur d'orient. De fait, cet idéal de croisade va disparaître très vite: une fois qu'il va être à Naples, Djem va mourir et les puissances italiennes s'inquiéter de la présence française. Charles va se rendre compte de la difficulté de partir en croisade depuis Naples, et va renoncer.

2 semaines après son entrée dans naples, Charles va faire une 2nd entrée, devant son armée, en armure, avec sa couronne, ses éperons d'acier, et avec un globe, qui n'est pas un attribut du roi de France, manifestant sa volonté de dominer le monde. Il témoigne de l'abandon d'un idéal de croisade et redevient guerrier.

En 1499, il monte une action navale avec Venise sans lendemain. Elle n'aboutit pas.
L'accord est de nouveau signé, Venise prête ses galères afin d'acheminer les troupes françaises jusqu'à Jérusalem. Ils sont rejetés à la mer, la flotte est disloquée par une tempête.
Il s'agit en 1501 de la dernière croisade décidée par la France.

Les projets ne disparaissent pas pour autant.

1508: traité de Cambrai, entre le pape, la France (Louis XII) et l'Angleterre a pour objectif d'aller libérer Jérusalem.

1517: 2nd traité de Cambrai France (François 1er), Espagne, Pape, a pour objectif de monter collectivement une croisade.
Le problème de l'itinéraire se pause. Le projet n'en finit pas, puis Charles Quint est élu empereur, ravivant les tensions avec la France.

Charles Quint organise une expédition à Alger, au nom de la croisade.

==> Les guerres d'Italie ont de multiples facettes: dynastiques, religieuses, hégémoniques ...
On ne peut pas réduire ces guerre à une seule logique, mais cela suffit à déboucher sur une guerre européenne localisée en Italie pendant 70 ans.





II. Les campagnes d'Italie


1. Les guerres en Italie (campagnes militaires au temps de Charles VIII et de Louis XII)


a) Le voyage de Charles VIII (1494-1495)

Il prépare remarquablement son expédition d'Italie. Il le fait d'abord d'un point de vue diplomatique. Il signe le traité d'Etaples (novembre 1492) avec le roi d'Angleterre et obtient sa neutralité en cas d'intervention en Italie contre 250k écus. Puis le traité de Senlis en mai 1493, avec l'empire, et rend la franche comté à marie de bourgogne. L'empereur assure donc sa neutralité en cas d'intervention en Italie. Et enfin, le traité de Barcelone en janvier 1493, il signe une paix avec le roi d'Aragon, en échange du Roussillon, il obtient un traité de non agression.
Charles VIII est donc en sécurité vis à vis des autres états européens.

Le 29 aout 1494, Charles VIII rassemble 30 000 hommes dans les environs de Lyon et quitte la France pour entrer en Italie. Il s'agit d'une armée considérable pour l'époque.

La France est également dotée d'ingénieurs intelligents qui inventent les canons à roues, plus légers, et le train d'artillerie. Aucune armée à cette époque n'a d'artillerie de campagne. Armée moderne: 30k hommes, 40 canons.

Sa première étape est Turin, puis Milan, puis Parme. Des heurts ont lieu avec les Génois. Ils sont rapidement défaits (3h). Il marche ensuite sur Sienne puis à Rome ou le Pape l'accueille, puis va enfin à Naples.
En 4h de bombardement, Charles VIII défait la garnison du château aragonais de Naples. Il conquiert ensuite tout le royaume de Naples en février/mars 1495.

La France a témoignée d'une puissance excessive qui fait peur à tous ces voisins. Tous les états italiens, le 31 mars 1495, se liguent (Venise, St Empire, Aragon , États pontificaux, Milan).
Charles VIII est à Naples à ce moment, loin de tout, son armée commence à faiblir, tandis qu'au nord se dresse une armée hostile de coalisés...

Charles VIII laisse une garnison à Naples et remonte vers la France. Le retour sera beaucoup moins glorieux. L'armée est beaucoup moins puissante qu'à l'allé. Il atteint le sud du duché de Milan.

6 juillet 1495: l'armée française arrive à Fornoue. Le passage est obligatoire pour emprunter le défilé montagneux permettant à Charles VIII de sortir du duché de Milan. La sortie leur est bloquée par une puissante armée italienne.

Charles VIII, avec une armée épuisée et dispersée va rendre légendaire la ''Furia Francese'', en chargeant massivement dans un seul assaut en un point unique, face à une armée supérieur en nombre et en arme. L'objectif n'est pas de combattre, mais de traverser les lignes ennemies sans s'arrêter. Charles VIII passe et parvient à rentrer en France.

Ferdinand d'Arragon fait débarquer dans le royaume de Naples Gonzalve de Cordoue (1453-1515), grand stratège, connu pour le siège de Grenade. Il va reprendre château par château le royaume de Naples.

Charles VIII meurt en 1498.

Bilan de ce premier voyage:

Le résultat est nul, mais il va considérablement marquer les esprits, vu comme une heure de gloire dans le règne de Charles VIII, comme une chevauchée triomphale à reproduire. Le roi de France a montré sa puissance militaire. Il s'est montré capable de renverser une armée de coalition. La monarchie française prends une autorité internationale certaine.

b) Les guerres de Louis XII

Deux campagnes:

-1499-1515


Louis XII revendique son ambition de reprendre Naples. Il prépare tout comme Charles VIII sa campagne, et obtient la neutralité de Venise, du Pape et de l'Angleterre. Il évite donc l'organisation d'une coalition hostile dès son entrée en guerre.

Dès le 2 septembre 1499, il entre dans Milan. Ludovic Sforza le félon (il avait effectivement retourné sa veste, après que le roi de France l'ait aidé à reprendre le contrôle de Milan) se réfugiera dans une citadelle à une centaine de km de là et résistera pendant 6 mois. Ses propres mercenaires le livreront au roi de France (faute de solde). Louis XII annexe Milan.

Il ambitionne maintenant de reprendre Naples et prenant la même route que Charles VIII. Il décide de contourner la côté italienne pour aller au devant des troupes aragonaises. Lors de la bataille de Cérignole, le 28 avril 1503. Louis XII est défait par Gonzalve de Cordoue.

Dans sa fuite, il part vers le nord-ouest. Gonzalve est à quelques heures de marche derrière lui, tout au plus 2 heures de l'arrière garde française.

29 décembre 1503, bataille de Garigliano. L'armée française s'engage sur le pont de Garigliano, que Charles VIII décide de ne pas défendre, en dépit de son importance stratégique de premier ordre. Le seigneur de Bayard (1473-1534), faisant preuve d'un courage légendaire s'arrête sur le pont avec une trentaine de ses gens pour retarder toute l'armée aragonaise.
Après une journée et une nuit de combat, Bayard parvient à s'échapper et à rejoindre Louis XII.
Bayard illustrera dès lors le chevalier parfait, dévoué à son roi, preux et vertueux.

Louis XII signe avec Ferdinand d'Aragon la trêve de Blois en février 1504.
> Reconnaissance du duché de Milan au roi de France, qui lui même renonce à Naples au profit des aragonais.

-1508-1514


Le pape Jules II (1443-1503-1513) va raviver les tensions. C'est un mécène mais aussi un guerrier et un grand chef d'état. Il a deux objectifs:

Consolider les positions militaires de Rome au N-E, donc dans sa frontière avec Venise, autour de la ville de Ravenne.
Il est très gêné par la présence de la France à Milan car l'équilibre entre les états italiens est profondément affecté par cet état de fait. Le roi de France en étant installé à Milan est donc très influent. Jules II a donc pour objectif de chasser les français.

''Fuori i barbari'' (gloire aux barbares)

Il va mener de front ses deux logiques en utilisant les uns pour combattre les autres, en commençant par les Vénitiens.

Ligue de Cambrai signée de 10 déc 1508.
> Alliance militaire entre l'empereur, le roi de France, le Roi d'Aragon et le Pape. Elle a comme finalité de monter une croisade pour aller libérer Jérusalem.
Sous prétexte de croisade, Louis XII envahi Venise et défait les armées Vénitiennes. Jules II peut dès lors récupérer les villes de Ravenne, Rimini, Faenza.
Jules II recrée une sainte ligue, où il convoque le roi d'Angleterre, le roi d'Aragon, la Suisse et Venise. Elle a pour objectif de chasser Louis XII du nord de l'Italie...

11 avril 1512, victoire des français à Ravenne, autour de leur chef Gaston de Foix (1489-1512).

6 juin 1513, défaite française de Novarre, face à l'armée suisse considérée comme la meilleure armée d'Europe, qui s'ouvre les portes de la Bourgogne et de Dijon. Le roi évacue le milanais pour protéger Dijon. Le plan du Pape fonctionne donc parfaitement, les français quittent l'Italie.

1512, la Navare tombe aux mains de Ferdinand d'Aragon

16 aout 1513, défaite française de Guignegatte (près de Calais), face aux anglais.

Le bilan en 1513 est donc calamiteux. Louis XII a abandonné le milanais sans combattre, et perdu deux régions. Il meurt l'année suivante, en 1514.

2. Le conflit Valois/Habsbourg sous François 1er

1ere campagne militaire de François 1er: 1515-1516

Il va poursuivre le rêve italien de ses prédécesseurs et réaffirmer son ambition de récupérer son héritage Napolitain.

François 1er est un prince jeune, dynamique, flamboyant, et reconnu comme tel.

Dès le printemps 1515, il lève une armée de 40 000 hommes et franchit les alpes. Il rencontre les armées suisses à Marignan le 13 aout 1515. La victoire française est totale du fait de sa supériorité technique, grâce à ses canons, décimant les carrés de piquiers suisses et laissant la cavalerie finir le travail.
Conséquences: La Suisse quitte le champ international.

Le Traité de Fribourg le 29 novembre 1516, prévoit que le roi de France recevra chaque année un contingent de mercenaires suisses. Ce droit sera synonyme d'allégeance, les français ayant -mise à part les états pontificaux- l'exclusivité totale du mercenariat suisse.

François 1er réoccupe l'Italie.

Le Traité de Noyon le 13 aout 1516, signé avec Charles 1er d'Espagne permet à la France de conserver Milan, et à l'Espagne de conserver Naples.

Réconciliation entre le roi de France et le Pape: concordat de Pologne le 18 aout 1516. Il règle les relations entre le France et le souverain pontife. Ce concordat est notamment connu pour la question sur la nomination du haut clergé, où le Pape reconnaît que la France nomme ses évêques.


En 1516-1517, la France a donc retrouvé une situation confortable à l'échelle européenne. Ce confort va être de courte durée.

En 1519, a lieu l'élection impériale. Se pause la question de la superpuissance européenne, de l'état capable de dominer tous les autres. L'enjeu européen. A partir de là, on ne va plus se battre pour un héritage dynastique, mais pour la puissance. On rentre dans une forme de guerre moderne, une guerre de bloques. On ne va donc plus seulement se battre en Italie.

a) Première phase de guerre de François 1er 1521-1529:

Elle commence mal et continue mal...
Dès 1521 François premier entreprend de reprendre la Navare en envahissant sa partie espagnole. Charles Quint réagit immédiatement, il attaque dans le piémont italien. La France va connaître des défaites à la Bicoque le 27 avril 1521. La même année, le connétable de Bourbon va passer à l'empereur.

En 1524, François 1er reprend l'offensive.

Bataille de Pavie le 24 février 1525. François 1er arrive a Pavie pour y assiéger l'armée impériale. La situation se retourne lorsqu'une armée aragonaise de sauvetage assiège les assiégeants. L'armée française se retourne afin de faire face aux aragonais. Quand s'engage la bataille, l'avant garde française est rapidement bousculée par l'armée de siège impériale, alors que la garnison de Pavie harcèle l'arrière garde. Au court d'une de ses nombreuses et furieuses charges, François 1er est capturé. Au soir du 24 février, les français quittent le piémont sans leur roi. Il est transporté à Madrid.

Le roi de France reste en captivité pendant 1 an. On doit donc gouverner sans le roi pendant 1 an, et on prend conscience de son importance politique. Il laisse un vide dans le gouvernement. On prend conscience que le temps des rois-chevalier est révolu, et que perdre le roi est plus grave encore que perdre la bataille. A partir de François 1er, les rois seront toujours présents sur le champ de bataille, mais ne combattront plus. Pavie représente dès lors un traumatisme.

François 1er ambitionne de rentrer en France. Il va négocier avec Charles Quint un traité de paix entre les deux états de manière à finir la guerre. Deux logiques: roi de France vaincu et soumis, mais il n'accepte pas de signer n'importe quoi. François 1er doit pouvoir accepter un traité dignement.

13 janvier 1526, le traité de Madrid est particulièrement dur pour François 1er: la France renonce à l'Italie (abandon du rêve italien), elle abandonne les états d'Artois et de Flandre, s'engage à restituer à Charles Quint la Bourgogne. François 1er s'engage à verser une rançon d'un montent équivalent à 1 année fiscale du royaume de France. Comme garantie, Charles Quint exige deux otages, les deux fils aînés de François 1er: le dauphin (François) et le duc d'Orléans (futur Henri II).

Début mars 1526, François 1er rentre en France. Il va maintenant falloir appliquer le traité.
La Bourgogne doit être rendue à Charles Quint. François convoque ses juristes, qui vont lui faire savoir qu'il ne peut pas en droit rendre ces territoires, car selon les lois saliques, le territoire du royaume est inaliénable et indivisible. Le roi ne peut donc donner, vendre ou partager des bouts de son territoire.
François 1er se rend alors en Bourgogne et fait rassembler les états provinciaux (assemblée politique de la province rassemblant ses représentants. Assemblée représentative) et demande ''que voulez-vous faire? Retourner sous l'autorité de Charles Quint ou rester sous celle de François 1er?''. Les états provinciaux répondent qu'ils se considèrent comme français et font savoir en haut lieu qu'ils désirent rester sous l'autorité de François 1er.
Le 27 mai 1526, François 1er signe la ligue de Cognac, alliance militaire entre la France, l'Angleterre et le Pape contre Charles Quint. Dès qu'elle est signée, François 1er envoie un de ses chefs de guerre en Italie, dans la région de Naples, qui mourra du typhus sans avoir accompli d'action d'éclat.

François 1er a donc renoncé à respecter le traité de Madrid.

Pendant ce temps, Charles Quint envoie des secours vers Naples, passant inévitablement par Rome, alors allié des français. Le 6 mai 1527, Rome est mise à sac.
L'armée impériale est en bonne partie constituée de paysans allemands protestants. Pour eux, le Pape incarne le mauvais côté du Christianisme, la dérive. Ils sont donc anti-catholiques et ne sont plus payés depuis au moins 2 mois lorsqu'ils arrivent à Rome. Les chefs de guerre catholiques de l'armée impériale tentent d'empêcher leurs troupes d'entrer dans Rome, en vain. Rome va être pillée pendant 1 semaine. Le pape se réfugie au château St-ange pendant toute cette semaine.

Le sac de Rome a un écho européen extraordinaire. Pour tous les catholiques, dont les proches de Charles Quint, il s'agit d'une erreur.

3 aout 1529, la paix de Cambrai achève ce premier cycle de guerres, appelée aussi la Paix des Dames. François 1er s'y engage à renoncer à ses prétentions sur Milan et Naples. Charles Quint s'engage à renoncer à la Bourgogne. François 1er s'engage à verser la rançon promise lors du traité de Madrid, et Charles Quint s'engage à lui restituer ses deux otages. Pour sceller le traité, on organise un mariage entre François 1er (jeune veuf) et Eléonore d'Autriche, sœur de Charles Quint.

Le renoncement italien a permis à la France de conserver la Bourgogne et l'unité du territoire national.

b) Deuxième phase de guerre 1535-1544

François 1er a tiré des leçons de la faiblesse du royaume et de la nécessité de préparer toute action militaire contre un adversaire plus puissant. Cela passe par des alliances militaires. Au lendemain de la paix de Cambrai, les français vont essayer de trouver des alliés pour permettre au roi de France de s'attaquer à Charles Quint. Cette première alliance va se tourner vers les princes protestants du St Empire. Il va passer une alliance avec la ligue de Smalkalde le 26 mai 1532, elle même opposée à Charles Quint, et va envoyer des fonds pour financer la révolte contre l'Empire.
François 1er va trouver un deuxième allié: l'empire Ottoman. Ces ambassades envoyées dès 1520 vers Constantinople ne donneront jamais de nouvelles. En 1534, une ambassade parvient à être reçue par le Sultan. Se négocie donc un accord en 1535, d'abord commercial. Il prévoit à terme que l'empire Ottoman lance une offensive contre la Hongrie en 1536, et que François 1er attaque l'Empire simultanément. L'empire Ottoman, envieux de s'imposer en méditerranée, confie sa flotte à François 1er qui lui ouvre ses ports. La flotte ottomane de Barbe Rousse va mouiller 4 mois dans la rade de Toulon. Choc des cultures dans cette Europe du XVIe...

François 1er va être fortement décrié par l'Europe occidentale pour ses alliances avec des Protestants et des Musulmans. On a les premiers signes de la sécularisation du politique. Le militaire va l'emporter sur les idéaux religieux. La diplomatie française devient donc par nécessité beaucoup plus moderne: l'intérêt militaire devient plus important que l'intérêt religieux.

Détonateur:
en 1535 meurt le duc de Milan. Tout de suite, François 1er déclare vouloir récupérer le milanais. Au printemps 1536, l'armée française passe la Savoie dans le but d'envahir le piémont italien.
Charles Quint convoque l'ambassadeur français devant le Pape et demande François 1er en duel. Il se comporte comme un chevalier (gifle l'ambassadeur de son gant: provocation en duel). Son honneur doit être lavé, et la question tranchée une fois pour toutes. Cette réaction est anachronique, car quel que soit le vainqueur, ils avaient chacun des successeurs. Cela prouve que Charles Quint n'a probablement jamais compris les enjeux du conflit avec la France.

Charles Quint attaque sur deux fronts, le long de la frontière champenoise (nord du royaume) et en Savoie.

Été 1536, François 1er installe la coure à Lyon pour faire face à Charles Quint. Une bataille aurait dû avoir lieu, mais à l'été 1536, l'empereur est en Provence, et les français au nord, dans la vallée du Rhône. Les stratèges français misent sur la politique de la terre brûlée pour épuiser l'armée impériale. Fin de l'été 1536, l'armée impériale commence à se fatiguer et à se disloquer. Fin de l'année 36, l'armée impériale est battue. L'année suivante, quelques tentatives sont repoussées. Les deux protagonistes en restent là et signent la Trêve de Nice le 18 juin 1538: François 1er s'engage à renoncer à Naples et Milan, Charles Quint renonce à la Bourgogne. Les deux souverains s'engagent à se réconcilier, et pour cela s'engagent à se rencontrer. La rencontre à lieu à Aigues-Mortes entre le 14 et 16 juillet 1538. Tout est fait pour signifier cette réconciliation d'égal à égal.

En octobre 1540, Charles Quint offre le titre ducal de Milan à son fils (le dernier Sforza est mort en 1536, et le titre est donc vaquant). Immédiatement, François 1er dénonce cette décision en vertu de l'héritage de son arrière grand mère, duchesse de Milan. Il repars donc à la conquête de Milan contre Charles Quint et est victorieux à la bataille de Cérisoles le 14 avril 1544. Pendant ce temps, Charles Quint envahit la Champagne, forçant François 1er à revenir en arrière afin de couper la route de Paris à Charles Quint.

La campagne de François 1er de 1542 à 1544 n'aboutit à rien si ce n'est à la Paix de Crépy-en-Laonnois le 18 septembre 1544, où François 1er renonce à l'héritage Milanais, et où Charles Quint renonce à la Bourgogne.

François premier, après une vie passée à chevaucher, à combattre Charles Quint, meurt d'épuisement en 1547.

Avec François 1er, le conflit a changé d'échelle: l'Italie reste un théâtre important mais n'est plus la finalité, qui est maintenant l'opposition Valois / Habsbourg et la volonté de chacun d'établir son hégémonie.
Le roi de France est perpétuellement mis en échec, car toutes les paix sans exception rendent les territoires conquis. Dans le même temps, la victoire de Charles Quint n'est jamais totale, François 1er repartant en guerre l'année suivante. En ce sens, la ligne de conduite française, contre les Habsbourg connait un certain succès.

Le second fils de François 1er devient roi, c'est Henri II

3. L'achèvement du conflit

Henri II va mener 2 campagnes en reprenant la ligne diplomatique de son père: la logique restera guerrière.

1ere campagne, 1552-1556: Henri renoue des contacts avec l'empire ottoman, qui est occupé du côté Perse, et refonde une alliance avec la Ligue de Smalkald, où le roi de France offre un soutien militaire à la ligue, à condition que les princes allemands autorisent 3 protectorats français, les évêchés de Metz, Toul et Verdun.
En 1552, les armées françaises entrent dans Metz, et occupent les 3 évêchés.
En 1553, Charles Quint assiège Metz, et sera tenu en échec par les défenseurs. Les trois évêchés restent français. Cette première campagne est donc une victoire à l'échec retentissant pour Charles Quint.

Henri envoie des troupes pour conquérir Milan. Cette reconquête sera un échec.

En 1556, après l'abdication de Charles Quint, est signée entre Henri, et les successeurs de l'empereur, la trêve de Bruxelles qui achève cette première série de campagnes. Avec cette paix, la France renonce à ses prétentions italiennes, l'empereur reconnaît les 3 évêchés à la France, qui reste également en Savoie et en Corse.

En 1557-1559, deuxième phase de campagnes, où Henri II envoie François de Guise (1519-1563) reconquérir le royaume de Naples. Le roi d'Espagne ne va pas réagir à Naples, mais depuis les Pays-Bas espagnols, prenant les français en tenaille. L'armée espagnole va pénétrer par le nord du royaume, et rencontrer l'armée d'Henri à St-Quentin le 10 aout 1557.
C'est une défaite et une débandade monumentale pour les français. L'armée ne se retire pas, elle est mise en déroute, son connétable et sa suite faits prisonniers. Le royaume va être plongé dans la stupeur qui, dans un élans national se prépare à défendre la capitale.

Le 10 aout, l'armée espagnole victorieuse est ralentie par la désertion, la faim et les combats sans solde. Les secours français se rapprochent, et les espagnols, moitié moins nombreux, décident de se retirer aux Pays-Bas.

Le printemps suivant, les choses redémarrent. François de Guise revient d'Italie et se voit confier l'armée d'invasion des Pays-Bas, et prend Calais, Thionville, Gravelines, et menace d'envahir la Flandre et d'atteindre Bruxelles. Pour les mêmes raisons que les espagnols l'année d'avant, les français en restent là, et les frontières sont ramenées à leurs positions d'avant les combats.

Les deux puissances se résignent: trop de guerres ont été faites, les deux royaumes sont épuisés.

Lors de la paix du Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559, la France renonce définitivement à l'Italie, et les frontières restent telles qu'elles sont à la fin de la 2e campagne.

Dans le conflit qui oppose les Valois aux Habsbourg, il s'agit du premier vrai arrêt des hostilités. Les deux puissances sont épuisées, l'Espagne est en banqueroute, et la France en est à la limite, traumatisée encore par la défaite de St-Quentin. On en vient enfin à une saine raison...

En France, cette paix est considérée par la noblesse comme un renoncement honteux, comme une défaite imposée par l'Espagne.
Cette paix sera considérée comme la cause des guerres de religions qui vont la déchirer de 1562 à 1598.

Cette paix signée, pour sceller le traité, on va organiser un mariage: celui de Philippe II, roi d'Espagne avec la fille de Henri II.
Le mariage a lieu à Paris et à Madrid en même temps, où l'époux manquant est représenté par l'ambassadeur étranger... Les mariés se rencontrent plus tard, sur la frontière espagnole.

Lors d'une joute contre l'un de ses capitaines, Henri II est blessé fatalement, et agonise dans un état végétatif pendant 5 jours, un éclats de lance lui ayant perforé l'œil. Sa mort va être considérée comme la fin de l'absolutisme. Ces fils de 17 et 3 ans ne sont pas prêts à régner, ce qui va aboutir à un gouvernement beaucoup moins autoritaire et aux guerres de religions.


III. Se battre à la Renaissance


1. Des chefs de guerre

Ils sont de différentes conditions.

Il y a d'abord le chevalier, l'idéal de noblesse du bon soldat. Le second ordre est celui des Bellatores, les nobles, ceux qui se battent. La vocation sociale de la noblesse est donc la guerre, et est éduquée pour cela. Sur les champs de batailles, on va avoir tout un langage, celui du preux chevalier, dont la cause est toujours juste, au modèle du chevalier Bayard (1473-1524).
Bayard est originaire d'une petite famille noble démunie du Dauphiné, dont il est le cadet (le 2nd, celui qui n'héritera de rien), et incarne de ce fait parfaitement les cas de familles nobles qui sont obligés de trouver une voie de réussite sociale qui ne découle pas de leur héritage, puisqu'ils ne disposent que d'un titre et de leur vocation à faire la guerre. Combattre va donc leur permettre de s'enrichir et de s'élever socialement. Leur seul capital est leur capacité à se battre. Bayard, dans le contexte des guerres d'Italie va pouvoir s'élever socialement. Il part à la garde du roi et se fait remarquer en 1503 à la bataille de Garigliano, à partir de la quelle sa carrière va être fulgurante, devenant capitaine de chevalerie en 1509 (plus haut grade), conseiller militaire du roi en 1515, et au lendemain de Marignan, adoube François 1er chevalier. Bayard mourra en 1525 d'un coup de feu d'arquebuse... Mort déshonorante s'il en est, pour un chevalier dont le courage absolu se manifeste par de furieux combats au corps à corps.
Sa vie ne s'arrête pas là, puisque tout de suite après sa mort, son mythe va se mettre en place, par les récits de sa vie et leur écriture.
On verra apparaître le récit de sa vie, de Symphorien Champier, Les gestes, ensemble la vie du pieux chevalier Bayard, 1525, ou encore par Le loyal serviteur, La très joyeuse, plaisante et récréative histoire du gentil sieur de Bayard, 1527
Deux ans après, et pendant 15 ans, on aura donc des texte sur Bayard, instrumentalisé par les auteurs afin de montrer que le comportement de Bayard est un comportement de preux chevalier, un modèle de vertu.

On a également les mercenaires, des chefs de guerre, qui suivant leur origine sont appelés différemment: en Italie, les ''Condottiere'', de ''condotta'', un contrat.

En Allemagne, ils sont appelés ''entrepreneurs de guerre''


Ce sont des recruteurs, capables de lever des armées en quantité importante et de manière efficace

Le mercenaire est payé, et peut exercer des moyens de pression sur son employeur, pouvant retourner ses armes contre lui... En revanche, en tant qu'employé, certains résultats sont attendus de sa part, sous peine de se voir licencié.

Paolo Vitelli, un condottiero au service de Pise en 1490, abandonne Pise en 1492 pour Florence au moment où Florence déclare la guerre à Pise. L'attaque florentine est un échec, et le condottiero accusé de trahison, il est jugé et pendu sur la place de Florence...
Illustration des retournements de veste que pouvaient effectuer les mercenaires, mais aussi des châtiments qu'il pouvaient leur être réservés.
Les condottiere sont généralement des nobles pour les quels l'essentiel de leur capital financier réside dans leur armée. L'enrichissement provient du payement de l'employeur, mais aussi des pillages. C'est une activité extrêmement lucrative. Des gens vont bâtir de véritables fortunes sur le principe du mercenariat.

L'un des plus célèbres est Jean de Médicis, dit Jean des Bandes Noires (1498-1526), un grand chef de guerre, lettré, connu comme l'un des chefs de guerre ayant marqué son temps.
Il commence sa carrière en 1519, à 21 ans, où il rentre au service du Pape Léon X, son cousin. En 1522 passe à Florence, à Charles Quint en 1523-24, et à la fin de l'année 1524, passe à François 1er.

Il revient au pape en 1525 jusqu'à sa mort en 1526, où il est le chef de guerre pour la cause du pape, chef de guerre des armée pontificales. En 1526, il est tué d'un coup de canon.
Avec la mort de Jean de Médicis, l'armée pontificale s'évanouit. A ce moment l'armée impériale en guerre contre la France (cf plus haut et le chapitre ''Charles Quint et son empire) poursuit sa progression, aboutissant au sac de Rome l'année suivante.

Un autre exemple de mercenaire: Georges Von Frundsberg (1473-1528), au service du St Empire, invente le modèle des Lansquenets. En 1512, il passe au service de Louis XII, et revient au St empire en 1516, aux côtés de Charles Quint dont il devient le conseiller. Il est à l'origine des victoires contre les français jusqu'en 1520.


Certains mercenaires sont à cheval entre entrepreneur de guerre et chevalier, comme Gonzalve de Cordoue, chef de guerre du roi d'Aragon, qui prend Grenade en 1492 et chasse les forces françaises de Naples en 1503. Il va donc être un aragonais au service de son souverain, mais maître de ses actions, il n'attend pas les ordre de son roi, recrute lui-même des troupes au besoin, c'est un entrepreneur de guerre, il finance lui même ses troupes, en espérant se faire rembourser plus tard par son souverain.

Gaston de Foix, duc de Nemmours (1489-1512) est dans la même situation vis à vis de Louis XII.


2. Les combattants.

Les nobles sont ceux qui sont censés se battre dans la société d'ancien régime. Le noble vient au service de son roi dans le cadre de ses devoirs: venir se battre pendant 3 mois à l'intérieur du royaume et 1 mois à l'extérieur du royaume. Ces obligations s'appellent le Vend et l'arrière Vend. Le roi appelle ses nobles à combattre avec lui dans le cadre d'un service militaire gratuit. Au temps de la renaissance le Vend et l'arrière Vend est obsolète, les combats durent trop longtemps. La noblesse va être professionnalisée.
Ce sera la première armée permanente professionnelle du royaume de France, ce qui sera à l'origine de la gloire des troupes françaises pendant les guerres d'Italie. C'est dans ce corps d'armée que vont combattre les chevaliers tels Bayard, et le roi biensûr. Ce sont les compagnies d'ordonnance. Ils combattent en armure de plate complète, sur des destriers caparaçonnés, armés de lances. On les appellera aussi Gendarmes à l'époque: des Gens d'Armes.
Ce corps sera difficilement maniable, du fait du poids de l'équipement très lourd. On préférera alors la cavalerie légère, avec une armure moins encombrante, portant des armes à feu et non plus des lances.

Les fantassins:

Il y en a deux sortes, en fonction de leur recrutement.

-Des mercenaires, comme les suisses, les plus réputés. Ils vont inventer un nouvel art du combat. Ils inventeront la formation en carré, principe totalement nouveau, qui va permettre à la cavalerie de perdre de l'importance face à l'infanterie. En Allemagne sur le même modèle, les Lansquenets.

-Les armées nationales, composées des sujets des rois. L'armée française composée de français hésite encore entre volontariat et conscription. Quand un roi de France veut partir en opération, il lève une armée, et envoie pour cela des recruteurs dans les villes et villages. On va donc à l'époque de François 1er essayer d'établir un service militaire inspiré des armées romaines. François 1er va lever 7 légions. Chaque ville et chaque village devra fournir 1 homme équipé par tranche fiscale. Cette création se fait en 1536. Cette première levée est un succès, car les villageois ne s'y attendent pas, et envoient leurs meilleurs hommes. La deuxième année, les villageois sont prévenus, et ne veulent plus y aller. Les autorités locales vont donc envoyer les gens dont ils ne veulent pas, manchots, mendiants, voleurs... Ces légions seront donc constituées de très mauvais soldats, et l'idée sera oubliée.

-Les gens des villes. La garde bourgeoise, dans toutes les villes du royaume, dans la quelle tous les citadins doivent aller. A Lyon, cette garde est organisée en pennonages, par quartiers, censés permettre à la ville de se défendre. C'est alors considéré comme un privilège noble: pouvoir se défendre seul. La ville de Lyon est exemptée de garnison royale. C'est en même temps permettre à chaque citoyens d'avoir un comportement quasiment noble. Très utile pour le roi qui n'a pas à financer des garnisons dans ces villes.

Entre cavalerie et infanterie, on a des armée en croissance numérique, puisque sous Charles VIII, on a des armées de 25 à 30k hommes composées de 2/3 de cavaliers, et sous Henri II, 50k hommes, avec des effectifs en augmentation proportionnelle pour l'infanterie avec ¾ de fantassins.

3. Les mutations techniques dans l'art de la guerre.

-Le rôle de la poudre: La poudre arrive de Chine au XIVe siècle et se voit dans les première plateformes européennes au début du XV en Angleterre notamment.
A partir du XV e les villes vont acheter des canons pour se défendre, et plus tard devenir un objet de guerre de siège, lorsqu'il sera muni de roues.
La poudre signifie également l'invention de l'arme à feu portative, et non seulement de l'artillerie, avantage considérable sur le champ de bataille. Il s'agira dans un premier temps de l'arquebuse.

Ces innovations techniques induisent:

-Fortifications médiévales (dit principe de fortification verticale), elle ne résiste pas à un feu d'artillerie. Les guerres d'Italie vont donc être un véritable laboratoire pour réinventer l'art de résister aux canons. Naitra alors la fortification bastionnée (dite fortification horizontale), pour éloigner au maximum les canons des remparts, et les rendre hors de portée. Cette invention se fait en Italie dans la première moitié du XVI.

Le canon rend la cavalerie obsolète.

Avec tout cela, la guerre coute de plus en plus chère, et devient l'apanage des plus puissants états européens qui établissent une hiérarchie des puissances militaires à l'échelle continentale.

[MàJ à venir]

Cours Magistral donné à Lyon III par P. Souriac, pris en note, rédigé et commenté par K. Roche.

Publié dans Histoire Moderne

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