Cours: Chapitre 5, Le Réalisme.

Publié le par Dio

Je fais ici la tentative de publier un cours d'art contemporain, ce que je m'étais refusé à faire jusqu'à maintenant, pour la simple raison que je pense que le support de ce blog n'est pas du tout adapté à de tels cours. Rien de vaut un essai toutes fois pour avoir un rendu objectif. Si ce format ne convient vraiment pas, les prochains cours seront mis en ligne en format pdf.
Il est clair qu'un tel cours ne peut se passer d'avoir été écouté à chaud pour être pleinement utilisé, il s'adresse donc plus aux élèves de L1 qu'aux curieux. Il offre néanmoins des pistes de commentaires assez claires pour être comprises de tous, bien que la prise de note soit quasi intégrale.



CHAPITRE 5, LE REALISME.



I. PEINTURE

Le réalisme dans la peinture du XVIIe siècle.


1) Le réalisme social de Daumier.



Daumier, La république, 1848




> Allégorie réaliste de la république

Daumier, Une blanchisseuse, 1863, 49x33, musée d'Orsay.



> Dramatisation par le clair Obscur.
> Échos de Daumier-Sculpteur par la simplification des volumes


2) Le réalisme social de Millet


Millet, Le Vanneur, 1848, 103x71, Londres, National gallery



''Le vanneur secoue les grains de façon à les nettoyer en les séparant de la paille, des poussières et des déchets'' il utilise un van

> Représentation réaliste d'un paysans, réalisé en grand et en premier plan comme on l'aurait fait pour un personnage historique, en format moyen, qui donne une impression de grandeur.
> Millet insiste sur la force que demande l'activité de vannage: le poignet et la main sont mis en valeur par l'éclairage. Poignet ferme et épais qui évoque la force nécessaire à cette tâche.
> Insistance sur les détails grossiers: savates rapiécées.
> Visage dans l'ombre à l'expression brutale.
> Utilisation du clair-obscur qui dramatise ce travailleur.

Le public est mal à l'aise devant ce tableau de paysan représenter avec toute sa force brutal, comme pouvant menacer l'ordre social.
Il est aussi mal à l'aise du fait de la matière de la toile, à l'aspect rugueux en accord avec la représentation d'un paysan et d'une activité rude.

> Importance de la matière dans les tableaux réalistes.

Millet, Les Glaneuses, 1857, 83x111, musée d'Orsay




> Représentation des paysans les plus pauvres
> XIXe, époque de la bourgeoisie triomphante, volonté d'interdire le glanage.
> Ce tableau fait état de cette préoccupation sociale.
> Les glaneuses sont au premier plan, opposé à la richesse de l'arrière plan.
> On voit ici un commentaire sur les hiérarchie sociales dans le monde rural
> Volonté d'émouvoir. Le spectateur aura tendance à s'apitoyer devant la condition des glaneuses.
> Paysage très plat et profond, les glaneuse paraissent grandes. Elles sont monumentalisées.
> Dans la culture chrétienne, ce tableau évoque Ruth, la glaneuse de la Bible. Analogie réconfortante.
> Millet donne une portée intemporelle à ces femmes.
> Échos entre les 3 femmes et les 2 meules + la charrette.

Millet, l'Angelus, 1859, 55x66, musée d'Orsay



> Paysan en prière
> On ne peut plus du tout faire de ce type d'œuvre de Millet une œuvre socialiste
> Monumentalisation des personnages


3) Le réalisme social de Courbet

Courbet, Les Casseurs, 160x250, 1849, Salon de 1850-1851, tableau détruit (autrefois au musée de Dresde)



> Représentation grandeur nature de simples ouvriers
> Travail très difficile, sans aucune noblesse

Courbet, Un Enterrement à Ornans, 1850, 313x664, Musée d'Orsay.



Sous titre: ''tableau de figures humaines, historique d'un enterrement à Ornans''

> Personnages anonymes de la ville natale de Courbet
> Format d'une peinture d'Histoire consacré à un sujet de genre
> On assiste au détournement de la peinture d'histoire. Courbet bouscule les normes traditionelles de la peinture d'histoire.
> Composition en frise de la peinture d'histoire
> Réalisme social: gens reconnaissables (soeur/amis de Courbet) sur paysage réel
> Scène sans transcendance
> Christ réduit à un simple objet de culte
> Centre du tableau: la fosse de la tombe

Beaucoup de critiques reprocheront à Courbet son égalitarisme dans sa conception de la société comme dans sa composition artistique.

> Fort rendu des carnations
> Fort rendu des vêtements

Peu de perspective dans la composition. Critique de la laideur provinciale, qui gêne les spectateur et la facture épaisse. On voit par endroit que Courbet a utilisé le couteau.

> Couleur austère sans accord autre que le noir
> Vêtements et ombres sombres

On a l'impression que Courbet rejette les normes sociales et culturelles, donnant la première place dans son tableau au peuple, en faisant un peinture sociale, un constat de l'état de la société.

> Courbet va privilégier le scandale

Beaucoup remarquèrent que Courbet s'intéressait peu au nu...

Courbet, Les Baigneuses, 1853, 227x193, Montpellier, musée Fabre



> Nouvelle vision du nu. N'est ni mythologique ni antique.
> Nu de bourgeoises contemporaines
> Corps reflétant l'alimentation très riche des bourgeoises de l'époque

Courbet est fasciné par les chaires, la lourdeur, les femmes charpentées. Il repoussera les limites du représentable très loin avec ''L'origine du monde''.

> L'éclairage fait ressortir les bourlets de ce nu

Napoléon III porta un coup de cravache dans le tableau.
Le format fit aussi scandale, du fait du sa grande taille.
Le geste vers la servante évoque comme une parodie du geste du Christ vers la Madeleine.

Delacroix dira ''je n'ai pas compris cette toile''

Courbet avait la volonté de ne pas livrer le secret de sa toile.

Courbet, L'Atelier, 1855, 361x508, Paris, Musée d'Orsay



Sous titre: '' allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique''

Courbet: ''c'est l'histoire morale et physique de mon atelier... C'est un monde qui vient se faire peindre chez moi''

> Allégorie/Réalisme. Oppositions qui entourent le peintre au centre de la toile
> C'est à la fois une allégorie, et un autoportrait réaliste

A la droite du tableau, on observe des personnages réels tels que Baudelaire, Champfleury et Proudon et la sœur de Courbet entrain d'embrasser son amant, symbol de l'amour libre.

De l'autre côté du tableau sont représentés des ''exploités'' et ''exploiteurs'', portraits maquillés afin d'éviter la censure.

On observe un rabbin, probablement portrait du financier de Napoléon III qui avait financé le coup d'état.
On voit également un braconnier à la barbe évoquant Napoléon III, dénonçant les abus faits à la république.
Un prêtre, portrait de Veuillot, journaliste catholique.
Un chasseur, vraisemblablement un républicain.
Garibaldi.
Divers monarchistes.
Un socialiste russe aux bras croisés, Herzen.
Un enfant en guenille représentant l'irlande, connaissant dans les années 1845 une très grande famine du fait de la politique de l'Angleterre.
Une tête de mort sur un journal: critique de la presse, le journal étant vu comme le cimetière des idées.

La partie la plus éclairée du tableau est le centre, avec Courbet, le seul à agir, entrain de peindre un paysage

> Il veut ici dire que le réalisme ne se réduit pas à une simple copie du réel. Il assiste sur la quête de la vérité pour l'artiste, permis par la mémoire.
> Le geste de Courbet rappelle celui du créateur.

Le jury va refuser de présenter ce tableau à l'exposition universelle. Il va donc en appeler au public, et va réaliser en face de l'exposition un pavillon appelé le pavillon du réalisme, à ses frais, où il présentera ses œuvres.



4) Réalisme et ''peinture de la vie moderne'' (Baudelaire) Dans la décennie 1860. Manet



Manet essaie de respecter le fonctionnement réel de l'oeil humain.

Manet, La musique aux Tuileries, 1862, 76x118, londres.



Manet y peint la haute bourgeoisie, le monde intellectuel parisien. On y voit Baudelaire, Champfleury, Offenbach (comme chez Courbet, par qui Manet est très influencé).

On y voit les distractions des parisiens riches.

> Composition désordonnée
> Il n'y a pas de centre, effet réaliste

Figures en plein aire, éclairées par le soleil à travers les feuillages.

> Manet s'intéresse à la lumière, aux corps représentés sous une lumière extérieure qui simplifie les formes.
> Montre la simplification des formes vues sous la lumière du soleil
> Insiste sur les formes aplats
> Mise en cause de la perspective traditionnelle
> Utilisation de tâches de couleurs pures, non mélangées sur la palette
> Goût du noir


Manet, Le Déjeuner sur l'herbe, 1863, 208x264, Paris, Musée d'Orsay



Manet va copier des œuvres, c'est le cas de celle-ci, reprise du Concert Champêtre de Giogione, 1510, Louvre.

Scandale. Manet ne comprends pas ce scandale si on ne se scandalise pas pour l'original, il ne comprend pas les pudeurs contemporaines.

Représentation d'une femme contemporaine, une demie mondaine connue.

Œuvre scandaleuse par le sujet et par la forme, refusée à l'exposition universelle.

Beaucoup d'artistes en appelleront à l'empereur, se voulant libéral dans l'art, qui organisera une exposition des réfusés.


Manet, Olympe, 1865, 130x190, Paris, Musée d'Orsay

inspiré de

Titien, Le venus D'urbin, 1538, Florence, musée des office.

Portrait d'une prostituée.

Manet, L'Exécution de Maximilien de Habsbourg, 1869, 252x302, musée de Mannheim




inspiré de

Goya, Tres de Mayo, 1814, Madrid.

Exécution d'un souverain.
Dans ce tableau, Manet démystifie la mort du héros
Le personnage principal n'est même pas l'empereur, mais le chef du peloton

On accusera Manet d'avoir peint cette grande scène de l'histoire contemporaine sans aucun sentiment.



5) Un réalisme moins novateur


Pils, La mort d'une soeur de charité, 1850, 241x306, Paris, musée d'Orsay



> Insiste sur la beauté de la religieuse, la transcendance suggérée par les éléments de culte
> Suggestion de la sérénité de la mort

Meissonier, La Barricade, 1848, 29x22, Paris, musée du Louvre




Insurrections ouvrière.

Meissonier, officier de la garde nationale peint ce qu'il a vu: scène de carnage

> Volonté de peindre un constat

Meissonier, La campagne de France, 51x76, 1864, Musée d'Orsay



L'armée de Napoléon en Champagne lors de la campagne de France.
L'état major est vue de 3/4, impression de mouvement
Réalisme du décors comme des personnages
Le temps est gris, le sol boueux, les maréchaux l'air sinistre, défaits... Point clair au milieu du tableau, le cheval de Napoléon et l'Empereur lui-même vétu plus clairement que sa suite, regardant au devant et non à terre, semble dégager un halot lumineux.


Cours magistral donné à Lyon III par monsieur De Vergnette, rédigé par K. Roche

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clémence 02/01/2010 22:02


c'est a nouveau moi. Juste pour signaler qu'il manque le cours sur l'impressionnisme (ça correspond à mon chapitre 8 juste après l'école de Barbizon ). Malgré ça, site très bien et très utile. (une
fois qu'on l'a trouvé!)