TD: ''La Résistance'' (18 mars 1831), Casimir Perier.

Publié le par Dio

Ce travail s'insère dans le Cours: Chapitre 2 Un essai de monarchie libérale: la Monarchie de Juillet (1830-1848), 1ere partie. Il propose quelques pistes pour aborder un commentaire de document, ici un extrait de ''La Résistance'', (18 mars 1831), de Casimir Perier. La rédactions et les commentaires sont ici réduits à leur stricte minimum. Il s'agit non pas d'une source de recherche, mais d'un outil purement méthodologique et est rédigé comme tel.

texte: ''La Résistance''
(18 mars 1831), Casimir Perier.


''Le respect de la foi jurée, le respect du droit, voilà le principe de la Révolution de Juillet; voilà le principe du gouvernement qu'elle a fondé.
Car elle a fondé un gouvernement, et non pas inauguré l'anarchie. Elle n'a point bouleversé l'ordre social, elle n'a touché que l'ordre politique. Elle a eu pour but l'établissement d'un gouvernement libre et régulier. Ainsi la violence ne doit être ni au dedans, ni au dehors le caractère de notre gouvernement. Au dedans, tout appel à la force, au dehors, toute provocation à l'insurrection populaire, est une simple violation de son principe.
[...].
A l'intérieur, notre devoir est simple. Nous n'avons point de grande expérience constitutionnelle à tenter. Nos institutions ont été réglées par la Charte de 1830. La session présente a résolu plusieurs hautes questions législatives. La Chambre qui vous succèdera posera et décidera celles qui lui sont réservées. C'est d'elle et d'elle seule que nous devons désormais attendre les perfectionnements réclamés avec tant d'impatience. Jusqu'au jour où elle se réunira, que peut donc demander la France à son gouvernement? D' l'action. Il faut que l'ordre soit maintenu, les lois exécutées, le pouvoir respecté. C'est d'ordre légal et de pouvoir que la société a besoin; car c'est faute d'ordre et de pouvoir qu'elle se laisse gagner par la défiance, source unique des embarras et des périls du moment. [...].
Comme notre intention est de ne laisser aucune violence impunie, aucun prétexte ne sera laissé à la violence. Il faut prévenir dans leur cause ces représailles odieuses qui semblent accuser l'insuffisance des lois et la faiblesse du pouvoir.
Toute sédition est un crime, quelque drapeau qu'elle arbore. Toute violence est un commencement d'anarchie. Nous vous proposons des lois propres à réprimer la violence et la sédition. Leurs coupables tentatives, se elles se renouvelaient impunément, feraient un gouvernement des ennemis de tous ceux dont elles compromettraient la situation. Elles attaqueraient l'un après l'autre tous les liens de la société. Elles attenteraient, ici à la liberté de l'industrie, là à la liberté des cultes. [...].
Il faut que la sécurité et la tranquillité renaissent. C'est le vœu de tous les intérêts dont la longue souffrance nous afflige profondément; c'est le besoin du crédit public, si nécessaire à la force de l'État, et qui ne peut se rétablir tant que l'alarme et l'incertitude suspendront toutes les spéculations de l'industrie particulière. [...].
Enfin, il importe au repos et surtout à l'honneur de la France qu'elle ne semble pas aux yeux de l'univers une société dominée par la violence et la passion''.


Casimir Perier, Chambre des députés, 18 mars 1831

Archives Parlementaires, T.LXVII, p.682.




Nature: Discours public à la chambre des députés par Casimir Perier le 18 mars 1831. Source institutionnelle. Il s'agit d'un programme, celui du nouveau gouvernement.
Il s 'agit d'un extrait.

Contexte: deuxième ministère de la monarchie de juillet issue des 3 Glorieuses. Gouvernement reposant sur la révision de la Charte de 1814. La politique est divisée en deux grandes tendances, Mouvement et Résistance. Le 13 mars 1831, Perier, Résistant, prend la présidence de la chambre des députés.

L'auteur: a pris la tête du gouvernement suite au ministère Lafitte. C'est un banquier dont la famille est attachée à Bonaparte. Il a choisi la Restauration de 1814. il compte parmi les leaders libéraux. Régent de la Banque de France (comme son père). Participation aux événement des Juillet 1830. Il rentre dans le premier ministère nommé le 11 aout 1830. C'est un doctrinaire, puis un libéral. S'est frontalement opposé à Lafitte. Il restera président de la chambre jusqu'à sa mort en 1832. Sa mort marque la fin de l'ancrage à droite du régime.


Paragraphe 1

''la foi jurée'': acceptation de Louis-Philippe de respecter la révision de la Charte; référence à son serment. (dans le commentaire, faire un bref rappel de cette révision, de ses circonstances et du contenu des ordonnances de Charles X).

Reconnaissance de la révolution de juillet. Une limite cependant est posée: elle n'a été que politique, non populaire. Rupture avec la Révolution de 89?

Paragraphe 2

''car elle a fondé à gouvernement'': dimension politique des événements.


''n'a pas inaugurée l'anarchie'': dénonciation du gouvernement montagnard et de la Terreur. Perier est un partisan dans la révolution modérée de 1789, s'oppose à la mauvaise révolution radicale de 1792-1793. Rupture entre le libéralisme et la radicalisme.

''un gouvernement libre et régulier'': attaque du gouvernement de Charles X qui a porté atteinte à la liberté de presse et n'a pas respecté le choix des urnes. Critique de la dictature de la Terreur.

''ordre dedans et ordre dehors'': volonté de ne pas exporter les idées révolutionnaires comme en 1789. il ne faut pas soutenir d'autres mouvements à l'étranger, à la différences des hommes du mouvements.

Affirmation de la légitimité du pouvoir en place en vertu de la révision de la Charte. Affirmation du pouvoir des députés et de la légalité de ce pouvoir. Rupture avec les gouvernements précédents (coup d'état).


Affirmation de la force de ce pouvoir: limiter la défiance


Paragraphe 3

''la Charte de 1830'': Dans le commentaire, expliquer cette révision.

''les perfectionnements réclamés avec tant d'impatience'': référence à l'élargissement du droit de vote, rassure l'opposition. La loi va prévoir de descendre le cens à 200 francs, et l'âge minimal descendu à 25 ans au lieu de 30. Le cens est réduit à 100 francs pour tous les ''méritant'', comme les académiciens.

''C'est d'ordre légal et...''
: politique d'ordre et de légalisme prônée par Perier et la Résistance.

''embarras et des périls du moment'': En décembre 1830, procès de Charles X et de ses ministres. Agitations, notamment de la minorité républicaine qui dénoncent l'indulgence du tribunal lorsqu'il condamne à des peines de prison. Agitation de la droite lors de la messe à la mort de la duchesse de Berry. Agitation des républicains désireux de soutenir la révolution en Pologne.


Affirmation de l'intransigeance du gouvernement face à la violence. Rupture avec la passif des français. Annonce de la volonté de stabilité.

Paragraphe 4

Affirmation de la nécessité de réprimer toute violence et sédition à l'encontre du gouvernement, car légitime. Rupture avec les chambres précédentes qui voulaient punir des hommes (bonapartistes), ici, la volonté est exprimée de préserver la stabilité du pouvoir et du pays.

Paragraphe 5

''Toute sédition est un crime'': mise en garde aux opposants, notamment les légitimistes, arborant le drapeau blanc des Bourbon. Perier dénonce les légitimistes et leur agitation, car selon lui, elle aide presque l'agitation républicaine radicale.


''là à l'industrie, là à la liberté de culte'': Référence à la révision de la Charte déclarant le catholicisme religion de la majorité des français (liberté de culte). Notion de liberté également appliquée à l'économie.

''le crédit public'': volonté de la mise en place de la stabilité des finances

Affirmation de la nécessité absolue de retrouver le calme et la stabilité au sein du pays. Notion d'intérêt collectif.

Paragraphe 6



Affirmation de la nécessité pour la France de retrouver sa dignité, et de réintégrer le jeu diplomatique international. Volonté de rassurer les autres consciences européennes au sujet des intentions de la France. Elle n'a pas comme projet d'organiser de nouvelles aventures militaires contre ses voisins (l'Europe est très préoccupée en 1830 du fait de ce nouveau mouvement révolutionnaire français).



Dans ce texte et la présentation de la France en 1831,ce qui ressort, c'est l'idée de voir la France comme un corps.


Propositions de Plans:

I. Une révolution purement politique

I.1 Reconnaissance de la révolution de juillet
I.2 Une révolution politique, non sociale

II. Un gouvernement légitime et légal pour un état ordonné

II.1 Un gouvernement en rupture avec les précédents
II.2 Volonté d'ordre à ''l'intérieur'', et à ''l'extérieur''

III. Mise en garde contre toutes nouvelles dérives révolutionnaires

III.1 Refus de la sédition et du retour à la violence
III.2 Dignité et prospérité

ou encore


I. un régime né dans l'ambiguïté

A. les 3 glorieuses, une révolution accaparée par les libéraux, débouche sur...
B. ... La Charte de 1830, un texte de conciliation qui aboutit à...
C. ... la division des libéraux: Résistance et Mouvement

II. Un conservatisme fondé, contre les extrêmes, sur l'ordre et le légalisme

A. Les menaces intérieures:
B. Les menaces extérieures
C. L'horizon politique du régime: consensus économique

III. Un programme de réforme pour terminer la Révolution


A. Élargir la base du régime et sa légitimité: la question du cens électoral
B. Assurer la stabilité politique: une politique de répression
C. Garantir les libertés: la défense principes du libéralisme par la loi.


TD rédigé par K. Roche

Publié dans Histoire Contemporaine

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